Freestyle en mode TTL

La photographie au flash sur site est la contrepartie en extérieur de ce que vous pouvez arriver à réaliser en studio, avec le décor en plus mais la souplesse offerte par un local chaud et équipé en moins. A l'occasion du test de nouveaux déclencheurs, retour à mes premières amours, en version améliorée: on passe ici du déclenchement "tout en manuel" à un système de déclenchement plus élaboré de type TTL. Pour ce qui est de la facilité, on ne s'en plaindra pas, malgré le prix qui n'a plus rien de comparable. 

L'usage du flash de reportage n'est certes pas nouveau, mais il était le plus souvent dédié à des fins très utilitaires, voire même dédaigné de certains photographes pour qui seule la lumière naturelle semblait avoir droit au chapitre (*). Son utilisation "freestyle" s'est popularisé assez récemment, grâce à un courant porté entre autres par David Hobby (voir notamment son site Strobist). Si l'idée est bien de mobiliser du matériel à la portée de toutes les bourses, l'apparition concomitante de systèmes de déclenchement radio peu coûteux sur le marché n'est certainement pas étrangère au succès de l'approche. 

Pas besoin de se ruiner pour commencer en effet, puisque de nombreuses marques proposent des déclencheurs radio manuels bon marché et idéaux pour débuter, tels que les Cactus V5 qui sont très fiables. Leur seul inconvénient : la nécessité d'effectuer les réglages en mode entièrement manuel, à la fois sur le boîtier et sur le flash. Et quand vos flashes se promènent chacun à près de deux mètres de hauteur perchés sur des pieds, cela devient rapidement laborieux, à moins d'avoir un modèle très patient ou un assistant dévoué. Le passage au mode TTL vous libère d'une bonne partie de ces contraintes, en vous permettant de piloter l'ensemble des réglages à partir du boîtier et de l'émetteur fixé sur sa griffe porte-flash. C'est le cas du système Phottix Odin que j'ai pu récemment acquérir. Sans avoir pu mener tous les tests dans le détail, les premiers essais sont plutôt concluants (**).

Pour votre premier essai, il vous faut une victime (traduisez par "un modèle"), un arrière-plan trouvé au bas de votre rue et un seul flash. Placez votre modèle à bonne distance du fond afin d'éviter d'éventuelles ombres portées et une lumière qui parasiterait ce fond. Un seul pied bien stable monté à bonne hauteur, quelques réglages faciles à effectuer, et voilà votre première photo telle que sortie de l'appareil (ISO 1600, f/4.5, 1/125 sec @ 90 mm).


L'appareil est en mode manuel et les réglages sont faits de manière à sous-exposer l'ensemble de la scène. Le flash nu est ensuite déclenché à distance en mode TTL. Il fournit directement une exposition très correcte de l'avant-plan (que vous pouvez corriger au besoin directement à partir de votre émetteur). Plus aucune manipulation du flash ou des récepteurs n'est nécessaire. Le rêve de tout fainéant qui se respecte. Remarquez sur la photo l'effet de vignettage sur le modèle : il est lié à l'utilisation du flash nu et zoomé, permettant de n'éclairer que la partie souhaitée du sujet tout en restant hors champ. (soignez l'angle par rapport au fond afin d'éviter un retour trop important de lumière s'il y a des surfaces fort réfléchissantes).

La photo est loin d'être achevée et un traitement lui est ensuite appliqué sous Camera Raw : léger recadrage, renforcement important de la clarté, réglage de la balance des blancs, modification des teintes et de la saturation par canal de couleur, le tout s'achevant par de petites corrections sélectives de luminosité et des retouches très mineures. A vous de voir l'effet final que vous souhaitez obtenir. Le tout a été fait sans ouvrir Photoshop.


Votre modèle repart content avec une photo qui lui plaît sous le bras, bien que réalisée de manière très improvisée. Vous êtes également ravi de voir que ce nouveau système remplit le contrat, même si beaucoup de lectures et d'autres tests seront encore à effectuer avant de maîtriser toutes les finesses de ce nouveau matériel, assez différent de celui que vous aviez l'habitude d'utiliser. Mais apprendre est aussi en soi un plaisir si cela vous pousse à pratiquer votre passion. Un photographe occupé, c'est un photographe heureux, non ?

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(*) J'imagine que les photons issus du soleil disposent de vertus que l'on ne retrouve pas dans ceux provenant des flashes, ce qui nous fait sortir du domaine de la physique pour nous emmener dans celui du mysticisme.
(**) La comparaison des systèmes de déclenchement de type manuel et TTL est un sujet assez technique qui pourra faire l'objet d'un prochain billet, après que j'aurai pu me familiariser un peu plus avec ce nouveau matériel.

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