Florence, ma belle

Après l'avoir délaissé, je reprends lentement le cours de ce blog. J'ai peine à croire que cela fait déjà deux ans presque jour pour jour que j'y écrivais pour la dernière fois. Deux années, c'est le temps qu'il m'a fallu pour prendre du recul sur des modifications majeures dans ma vie. Ainsi vont les choses. Le plus important restera toujours d'aller de l'avant et de se remettre au travail. C'est donc avec plaisir que je vais vous montrer tout ce que j'ai pu voir de Florence. En tout bien tout honneur, puisqu'il ne s'agit que de quelques photos effectuées lors du dernier voyage de mon ancienne vie.

Si vous connaissez un peu l'Italie, vous êtes familier avec certaines des ambiances que l'on y rencontre. Avec un peu de chance, vous avez peut-être aussi eu l'occasion de parcourir la Toscane. Et si vous êtes encore un peu plus chanceux, Florence et Sienne ont été des étapes importantes de votre séjour. Très différentes à la fois mais parfaitement complémentaires, elles offrent à voir toute la beauté et la grâce que ce pays peut offrir. Elle savent aussi cacher certains de leurs charmes qu'elles ne dévoilent que si vous prenez le temps de vous perdre dans le dédale de leurs rues. Probablement comme toutes les villes qui ont une longue histoire derrière elles, faite de gloire et de défaites.

Il est difficile de restituer ce que l'on a ressenti au cours d'un voyage au travers d'un texte structuré, pour moi du moins. Les sensations et les émotions constituent des bribes éparses liées par un fil conducteur le plus souvent ténu, au gré de la succession des lieux parcourus et des personnes rencontrées à l'occasion des promenades d'une journée. Le seul ciment semble être l'unité de temps, de lieu et d'action (*) : 

Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.

Et ces règles du théâtre classique me conviennent parfaitement pour recommencer à écrire des choses apparemment décousues, sans avoir aucune autre prétention que de présenter quelques photographies, et encore moins d'en faire une pièce d'art dramatique (**).

Est-il utile de préciser que Florence est une ville hautement touristique, avec ce que cela peut avoir de pire et de meilleur. Il faut arriver à jongler avec les horaires pour ne pas se retrouver submergé dans la foule et éviter les files Alors, on s'en fait juste une avec des touristes, pour la route (promis, on les évitera pour les prises de vue suivantes) :


Si une ville pouvait être un musée à ciel ouvert, Florence répondrait à tous les critères requis. Il est impossible de parcourir son centre sans croiser un bijou architectural ou sculptural à chaque coin de rue. Ca en devient déroutant d'ailleurs, qui plus est quand le bitume ne fait pas non plus exception à la règle.


 


On pourrait naïvement penser que l'intérieur ne saurait être plus riche que ce qu'on a déjà vu à l'extérieur, et on a ainsi tout faux. Si vous souhaitez expérimenter ce qu'est la saturation que l'on peut éprouver à voir de belles choses en l'espace d'un temps beaucoup trop court, une visite éclair de la galerie des Offices est parfaitement indiquée. Des chefs d'oeuvre se succèdent les uns à la suite des autres de manière ininterrompue. Cela a beau être ma seconde visite dans la ville, je n'arrive toujours pas éviter ce qui s'apparente à une indigestion de belles choses. A visiter absolument, mais à consommer en plusieurs fois si vous être un passionné d'art, sous peine de ne pas en profiter pleinement.



En matière d'art et encore plus en matière d'ambiances photographiques, tout est affaire de goût. Au bâtiment prestigieux et aux statues, je préfère les atmosphères tamisées des intérieurs pour les contrastes et les harmonies de teintes qu'ils permettent. Ne me demandez pas pourquoi, mais je suis particulièrement tombé amoureux des lampadaires que l'on retrouve un peu partout.




En raison des mélanges de lumières franches et d'ombres profondes engendrés par un soleil vif et une architecture conçue pour s'en protéger, les possibilités sont presques infinies et les aspects graphiques que j'aime tant sont au rendez-vous. On ne se refait pas, c'est-ce pas ?





Florence est aussi un mélange d'histoire ancienne et de modernité assumée, où le look et le désign italiens arrivent à trouver leur place jusqu'au sein des monuments les plus anciens. Le marché central (mercato centrale) est un exemple assez réussi de réhabilitation d'une partie de bâtiment selon les standards les plus fashion. Le bas du bâtiment reste un marché couvert traditionnel et coloré, tandis que l'étage regroupe les bars les plus trendy et modernes. Un mélange surprenant et un changement total d'ambiance en l'espace de quelques marches d'escalier.




Evoquer Florence sans parler de ses nombreux ponts qui enjambent l'Arno, c'est presque impossible. Tout le monde connaît ben sûr le plus célèbre d'entre eux, le Ponte Vecchio. Il est au mieux de sa forme lorsque le soleil couchant perce au milieu des nuages menaçants, en éteignant le flot des touristes et en rallumant les couleurs ocres de ses façades.



Et lorsque la fin du jour arrive enfin, la ville continue à offrir le meilleur d'elle-même grâce à une lumière merveilleusement dorée, qui semble être son quotidien et qui me manque déjà tant. A très bientôt, Florence, car je suis sûr que je reviendrai te saluer.



Avec une dédicace toute spéciale à M., pour sa patience à me voir retrouver le chemin d'une activité créative, ainsi qu'à ses trois enfants , L., J. et B., pour qui l'Italie sera toujours la moitié d'eux-mêmes. Si vous avez aimé ces quelques images, vous pouvez retrouver l'intégralité de celles-ci et bien d'autres encore dans l'album correspondant : c'est ici.

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(*) Boileau (1674). L'Art Poétique (chant 3, vers 45-46)
(**) C'est un peu chiant, ce passage, mais laissez-moi le temps de m'y remettre.

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