Ecologie numérique

Si vous avez des enfants, vous devez vous aussi avoir été confrontés à ce cruel choix, presque cornélien : décider une bonne fois pour toutes ce que doivent devenir après un certain temps tous ces magnifiques objets que vos chéri(e)s ont confectionné à l'école de leur petites menottes et avec amour pour vous. Par pudeur, je ne lèverai pas le voile sur ce qu'il advient de certains d'entre eux afin ne pas choquer nos plus jeunes lecteurs. Mais vous est-il venu à l'esprit que tout est finalement recyclable, pourvu qu'on y mette un peu du sien ? C'est ce que me suis évertué à faire un soir. Le résultat peut être assez surprenant, et à nouveau les possibilités sont infinies. Ce billet pourait aussi être sous-titré "spécial Parkinson", car ici pas besoin de garder l'appareil immobile pour éviter le flou de bougé. Au contraire même. Amis tremblotants, votre heure est enfin venue.

Tout commence avec un masque peint et une tenture rouge soyeuse séparant deux pièces. La pièce étant plongée dans une légère pénombre, la lumière produite par un grand plafonnier situé dans l'autre pièce frappe l'arrière de la tenture et y dessine par transparence un cercle de lumière assez diffus. Un masque traîne à terre, dernier témoin de l'agitation qui secouait il y a quelques minutes encore l'ensemble de la maison, avant que vos enfants n'aillent se coucher. Il gît à présent au sol, abandonné et tout triste. Un bout de scotch et le voilà fixé sur la tenture, à hauteur d'homme. En vous mettant à genoux, vous êtes dans l'axe masque-plafonnier et la lumière provenant de l'arrière l'entoure d'un halo mystérieux. Comment rendre tout cela un peu plus mystérieux encore ?

Pas beaucoup de lumière dans la pièce, et pas question de donner un coup de flash qui détruirait l'ambiance. Une pose longue peut-être ? Et avec un petit coup de zoom en sus ? Mais vous n'avez pas de pied sous la main ? C'est parfait, vous avez tout ce qu'il vous faut dans ce cas. Quelques essais et réglages plus tard, vous disposez d'une vraie photo d'ambiance qui n'aurait pas déplu à Méphistophélès ou au fantôme de l'opéra, selon vos goûts.


Je crois que c'est décidé : je vais me lancer dans un grand projet qui va me faire explorer tout ce qui se trouve dans ma maison et qui pourrait être photographiquement recyclable. Ce sera ma modeste contribution à l'écologie numérique. Qui sait, peut-être cela sera t-il aussi une source  d'inspiration pour les personnes les plus casanières? La preuve qu'il n'est pas forcément besoin d'aller bien loin pour faire un beau voyage dans sa tête, ou comme le disait très justement George William Curtis, "L'imagination vaut bien des voyages et elle coûte moins cher". A méditer, a fortiori si vous êtes fauchés comme les blés.

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